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De l’entreprise comme une œuvre d’art…

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De l’entreprise comme une œuvre d’art…

Le domaine de la Source, propriété de Thierry Ehrmann et siège de ses entreprises, groupe serveur et Artprice à Saint-Romain-au-Mont-d’Or, se transforme au fil des jours en une œuvre monumentale. Ce décor chaos parcouru de salamandres devrait servir à abriter le futur « Organe« .

La salamandre est un animal étonnant qui depuis la nuit des temps, fascine les simples curieux , les chercheurs, les alchimistes et les savants. Cet être vivant s’offre comme une énigme impossible à résoudre qui résisterait à la décapitation, au feu, au temps et aux limites habituelles qui délimitent la vie de la mort. Créature mythique et mystique, elle accompagne sans bruit et dans l’obscurité les pensées humaines sur l’ordre des choses, sur l’avant et l’après comme sur le devenir , sur la cendre et la renaissance. Lors de son parcours initiatique en loge maçonnique, une des premières planches de Thierry Ehrmann portait justement sur le symbole alchimique de le salamandre (Fulcanelli, les demeures philosophales). Une petite bête qui ne cessera dès lors de s’imposer sur son chemin et finira même par se retrouver sous forme d’emblème sur le site du groupe Serveur. Groupe dont il est l’heureux propriétaire. Mais l’animal est non seulement chargé de sens, mais aussi d’histoire. Depuis la Renaissance selon le vœu de François 1er, il est le symbole des imprimeries du Roy et scelle les textes de l’Etat français. Aussi, ce n’est qu’après une petite explication juridique entre gens du monde que Thierry Ehrmann obtiendra le droit de garder la forme virtuelle et évanescente de la salamandre sur le reseau Internet de ses groupes comme sur ses éditions de livre d’art. Le fait va bien au delà de la simple anecdote, il lie dans les mystères des flux écrits l’ancien et le moderne et redonne vie à l’allégorie.
Des cendres sont censées naître l’avenir, de la mort, la vie sur ce fil ténu des propositions humaines. Depuis le 11 septembre et la disparition en fumée cathodique des symboles du pouvoir, Thierry Ehrmann a ressorti la bête. Comme si l’étrange amphibien primitif aux vies innombrables pouvait devenir la figure absolue du chaos, de la fin, des cendres mais aussi du renouveau, de la création et de la renaissance. Deux faces pour un nouveau millénaire qui renoue avec l’histoire et ses possibles. Thierry Ehrmann n’ayant jamais fait les choses à moitié, s’est plongé dans ce qu’il appelle lui, le champs de tous les possibles : l’art. Le domaine de la Source à Saint-Romain, lieu privilégié de sa propre histoire sociale, économique et affective, s’est transformé en œuvre monumentale. Un espace à part, pris d’irréalité et en même temps submergé par le réalisme du chaos du monde. Imaginez un plan de film, après une pluie de météorites et vous serez assez proche de la vision qu’offre aujourd’hui la propriété. D’énormes blocs de pierre semblent avoir déchiqueté le parking, transpercé les murs et les toitures. Partout les traces d’une carbonisation extrême sont visibles, trace de brûlures réelles ou dessin d’anciennes flammes, il est impossible de discerner l’acte du feu de celle de la main humaine. Au milieu de ce décor incandescent, la salamandre se multiplie, elle est scarifiée dans les murs, tatouée sur les vitres, gravée dans le bois. Elle est peinte à la façon Toroni en une simple multiplication de forme, elle s’égoutte sur le papier et s’immisce entre les paliers de l’escalier. Intitulée «Nutrisco ET Extinguo, l’esprit de la Salamandre» l’œuvre se déroule du parc au domaine et stigmate tous les objets en un perpétuel travail de recouvrement. Entre signe de guerre et sceau, entre brûlure et cicatrice, la salamandre se code, se ritualise au milieu de ce chantier sans fin. C’est là et de façon évidente que viendra s’installer l’Organe. Ce qui devait être un musée privé quitte sa défroque de fonctionnaire pour s’inventer une nouvelle manière d’être. Etre dans le mouvement, au sein, au cœur de la création. Thierry Ehrmann évoque volontiers la Fabrique d’Andy Warhol, pour inviter dans un perpétuel « work in progress » des artistes. Le projet séduit déjà, Ben s’y verrait bien dans ce chaos créatif…

H. Bethemont copyright 2003 © PETITES AFFICHES LYONNAISES
http://www.affiches-lyon.com/

Organe

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décembre 31, 2003 Posted by | La Revue de Presse | Laisser un commentaire