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III – Le Temple de Saint Romain de Couzon : 1630-1685

III – Le Temple de Saint Romain de Couzon : 1630-1685

En 1630, l’archevêque de Lyon, ayant fait l’acquisition d’Oullins, y fit interdire le culte réformé. Il fallut donc rechercher un autre lieu pour y construire un temple. L’emplacement de Saint-Romain de Couzon fut désigné à cet effet sans tenir compte des plaintes des intéressés relatives à l’éloignement par rapport à Lyon et aux difficultés d’accès. Cette localité fut choisie parce qu’elle était la paroisse la plus proche de Lyon qui ne dépendit pas d’un seigneur écclésiastique. Ce temple fut bâti près de l’impasse de la Croix et son portail était encore visible au siècle dernier. Le premier office y fut célébré le 12 août 1630. Saint Romain de Couzon s’appelle, de nos jours, Saint Romain au Mont d’Or.

Selon un état dressé par les pasteurs en 1651, la communauté protestante aurait compté 160 foyers soit 870 personnes, essentiellement marchnads et riches artisans, des notables donc, bien qu’il y ait aussi des petites gens. Elle comprenait, outre les lyonnais, des Suisses et des Allemands.

Parmi les personnalités intellectuelles de l’époque, on peut citer le médecin Jacob Spon, issu d’une famille originaire d’Ulm mais établie à Lyon au milieu du XVIème siècle, auteur d’une controverse théologique par correspondance avec le Père La Chaise (52). Il émigra en raison de la Révocation de l’Edit de Nantes pour aller mourir à Vevey en Suisse.

Le 3 février 1659, l’archevêque Camille de Neuville(53) fonda l’œuvre de la Propagation de la Foi(54) «pour l’instruction de personnes du sexe, qui nées dans la religion protestante, veulent embrasser la catholique». Cette création fut confirmée par lettres patentes de 1677 sous l’appelation de  » Compagnie de la Propagation de la Foi « . Celle-ci obtint à Lyon 380 conversions entre 1659 et 1682. Son action fut confortée par la mise en oeuvre d’une caisse de conversion dont les résultats furent des plus médiocres. Mias, ce fut surtout les restrictions apportées à l’exercice d’un nombre de plus en plus grand de professions qui gênèrent les protestants et commencèrent à partir de 1680 à provoquer des conversions ou une émigration vers la Suisse et les autres pays du « Refuge ».

Enfin, en 1685, pressé d’en finir avec le protestantisme, Louvois écrivit à l’archevêque de pousser «la plus grande partie des religionnaires de la ville de Lyon à se convertir par délibération» et de les menacer de se «servir de troupes pour les y contraindre» si nécessaire, mais «ceux qui sont suisses ou allemands» n’étaient pas concernés. Ce qui fut fait, comme à Paris, de sorte que Lyon put éviter des dragonnades que le gouvernement ne souhaitait pas y mettre en oeuvre et Louvois pouvait remercier ainsi l’archevêque : «Le Roy a appris avec plaisir, par l’addition que vous avez mise à la lettre que vous avez pris la peine dem’écrire le 13 de ce mois, la délibération qu’ont prise les principaux religionnaires de la ville de Lyon, que S. M. attribue à vos soins, et m’a commandé de vous assuré qu’elle vous en sait beaucoup de gré. Je prends toute la part que je dois à votre satisfaction et suis toujours avec respect…»(55)

En conséquence de l’édit de Fontainebleau du 10 octobre 1685, portant révocation de l’édit de Nantes, le temple de Saint Romain de Couzon fut démoli et le culte protestant interdit.

52 François d’Aix de La Chaise (25 août 1624 – 20 janvier 1709), jésuite, professeurd e philosophie et de physique au collège de la Trinité de Lyon, enfin confesseur de Louis XIV.

53 Camille de Neuville (Rouen 22 août 1606 – Lyon 3 juin 1693) fut aussi lieutenant général au gouvernement général de Lyonnais.

54 Sur ce sujet, lire le très bon ouvrage d’Odile Martin : La conversion portestante à Lyon (1659-1687).

55 in : Histoire du Lyonnais par les textes. pp 140-141.

ILLUSTRATIONS
Jacob SPON
(Lyon 13 janvier 1647 – Vevey en Suisse 21 décembre 1685)
médecin lyonnais, archéologue et numismate

Maison des Nouvelles Catholiques où s’établit la Compagnie pour la Propagation de la Foy en 1683 d’après le plane de Simon Maupin
Elle avait pour nom Beauregard sur le plan de 1550
Elle avait été construite vers 1538 par Antoine de Gondy, époux de Catherine de Gondy.

extrait de :
Histoire des Protestants à Lyon
des origines à nos jours

avec l’aimable autorisation de l’auteur :
Roland GENNERAT
Maître en Histoire
Bibliothécaire à la Ville de Lyon

Editions : Au Jet d’Ancre

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septembre 2, 2005 - Posted by | La Revue de Presse

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