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Mise en demeure

Mise en demeure

Depuis près de dix ans, Thierry Ehrmann, PDG du groupe Serveur (dont fait partie le site de quotation en ligne Artprice.com), élabore dans sa propriété de Saint-Romain au Mont d’or, près de Lyon, la Demeure du Chaos (voir ap 312, mai 2005), œuvre in progress de déconstruction d’un ancien relais des postes sur un mode politique et alchimique. L’ensemble, composé de 3 123 œuvres disséminées dans tout le domaine, s’étend sur 10 000 m2. Fresques, sculptures (dont des voitures carbonisées, un avion crashé…) y disent la violence de notre époque. Le maire de Saint-Romain, estimant que la Demeure constitue une injure visuelle au pittoresque de ce village en pierres dorées, a depuis longtemps saisi les tribunaux. Fin 2008, se jouait le quatrième procès. Le 16 décembre, la cour d’appel de Grenoble a condamné Thierry Ehrmann à remettre en état son domaine au cours des neuf prochains mois. Au terme de deux jours et demi d’audience, la cour a rendu un jugement de vingt-cinq pages, à la lecture duquel on comprend que « l’œuvre d’art n’a aucun droit d’exister de manière autonome sur l’espace public. Elle doit se conformer impérativement au plan d’occupation des sols et autre plan local d’urbanisme. Elle doit répondre au nuancier de couleurs de la région… Pour faire court, on enlève donc à l’œuvre d’art tout ce qui la distingue de l’urbanisme : sa singularité, l’empreinte de son auteur, ses signes distinctifs, sa forme, son médium, son sujet », nous dit Ehrmann.

On peut ne pas goûter le côté provocateur, l’inspiration ésotérique du projet, l’esthétique gothique qui s’en dégage. Mais on ne peut pas ne pas reconnaître que Thierry Ehrmann a construit, au fil du temps, un ensemble aussi étonnant que le Palais idéal du Facteur Cheval. La Demeure du Chaos dépasse de loin la question du respect ou non de banales règles urbanistiques régissant les couleurs des murs. De quoi a-t-on peur exactement ? Que des millions de gens nourrissent en secret le projet de transformer leur pavillon en champ de bataille du temps présent ? La Demeure du chaos relève de l’exception… et de l’œuvre d’art. Et qu’on le veuille ou non, elle fait déjà partie de notre patrimoine culturel. Thierry Ehrmann se pourvoit donc en cassation.

Richard Leydier – art press

copyright ©2009 artpress 353 Février 2009

www.demeureduchaos.org/

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janvier 22, 2009 - Posted by | Grenoble 17 novembre 2008, La Revue de Presse, Thierry Ehrmann : aVentures chaOtiQues

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