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thierry Ehrmann – Voyage au bout de la nuit – Parcours atypique, Vision prophétique

Fin dialecticien, homme d’une grande spiritualité, artiste plasticien féru de l’histoire de l’art, Thierry Ehrmann a érigé en deux décennies le leader mondial de l’information sur le marché de l’art (4,5 millions de membres dans 72 pays). Passionné et passionnant, le président directeur général d’Artprice.com nous retrace son parcours atypique. Entretien fleuve.

Que retenez-vous de votre jeunesse ?

Mon enfance fut marquée par une formation chez les jésuites nommés les soldats de Dieu, puis chez les dominicains, redoutables négociateurs attestant d’un contournement intellectuel extrêmement rare et aiguisé. Mon enfance fut d’autant plus particulière que mon père, ancien polytechnicien à la retraite, docteur en droit et grand croyant, était un membre de l’Opus Dei influent.

Après Vatican II, l’Église ayant décidé de mettre fin aux biens ostentatoires, mon père avait été mandaté par le Vatican pour fermer les écoles princières, les palaces et autres lieux vains et inutiles qui ne représentaient plus l’esprit qui soufflait dans la foulée de Vatican II. Nous avons voyagé aux 4 coins du monde pour mettre un terme à ces lieux qui appartenaient à l’Eglise. J’ai ainsi pu découvrir le monde, et observer qu’à l’époque, le latin était la langue des affaires et non l’anglais.

J’ai eu l’occasion de faire le tour du monde une première fois durant mon enfance, puis une seconde fois entre 16 et 20 ans. J’ai écumé tous les pays à l’exception de 2 ou 3 pays exotiques.

 

Quels enseignements tirez-vous de ces voyages ?

Les voyages sont vains et inutiles. Le plus long voyage est celui que l’on fait dans sa tête. Au terme de 20 ans de démarche analytique freudienne, suivis de 8 ans de démarche lacanienne, je suis convaincu que le voyage physique est une fuite en avant dans laquelle on s’exile avec ses névroses et ses psychoses. C’est précisément l’histoire des miroirs grossissants, la fuite à l’extérieur est un véritable syndrome de Stendhal qui ne fait qu’amplifier le phénomène.

Si les évangiles de Luc et Matthieu affirment « nul n’est prophète en son pays », pour autant, nous sommes le fruit d’une éducation, d’une culture et d’un climat. C’est sur nos terres que nous nous faisons, nous défaisons et nous reconstruisons. Je n’ai jamais vu d’exil heureux. J’ai eu la chance de rencontrer des monstres puissants qui ont dominé le XXème siècle et qui pour certains se sont éteints depuis. J’en ai conclu que tout exil est soumis à un éternel retour.

Celui qui s’isole en haut de la montagne ne cherche que le retour à l’exil, l’acte de solitude correspondant à la volonté de mieux revenir. Pour moi, le mythe de l’ermite n’existe pas, l’ermite est quelqu’un qui prépare son retour en scène, il n’est un mythe qu’en projection de son futur retour. Nous devons affronter nos démons frontalement sous peine qu’ils reviennent toujours.

 

Quel est votre moteur dans la vie ?

La passion pour l’art que je mets dans Artprice et le musée que j’ai fondé. Je suis artiste plasticien inscrit à la Maison des Artistes depuis 35 ans. Dès 1999, j’ai voulu faire vivre mes œuvres dans le premier musée privé immatriculé au RCS : Le Musée L’OrgAne, que j’ai érigé comme siège social d’Artprice, coté sur le marché réglementé. Ma passion pour l’histoire de l’art, en 20 ans, m’a servie à bâtir le Leader mondial de l’information sur le Marché de l’Art.

Ce travail titanesque fut synthétisé par la Ministre de la Culture lors de sa visite chez Artprice par cette phrase « Vous vous êtes subrogé en lieu et place à une mission supra-étatique de conservation de l’histoire du marché de l’art ». En effet, il est nécessaire de poser quelques chiffres qui démontrent le travail herculéen réalisé : Artprice est devenue en 20 ans le Leader mondial des banques de données sur la cotation et les indices de l’Art avec plus de 30 millions d’indices et résultats de ventes couvrant plus de 700 000 Artistes.

Avec Artprice Images, elle permet un accès illimité au plus grand fonds du Marché de l’Art au monde, bibliothèque constituée de 126 millions d’images ou gravures d’œuvres d’Art, de 1700 à nos jours, commentées par ses historiens.

Au quotidien, Artprice enrichit en permanence ses banques de données en provenance de 6300 Maisons de Ventes et publie en continu les tendances du Marché de l’Art pour les principales agences et 7200 titres de presse dans le monde. Ce n’est pas pour rien qu’Artprice compte 4,5 millions de membres dans 72 pays.

 

En quoi avez-vous introduit une profonde révolution dans le marché de l’art ?

Raymonde Moulin, célèbre sociologue et historienne de l’art, surnommée « la Papesse », m’a interpellé il y a une dizaine d’années en m’indiquant qu’Artprice avait définitivement modifié l’histoire du marché de l’art de manière irrévocable en s’inscrivant elle-même dans l’histoire de l’art. Effectivement, on note depuis 20 ans une mutation sans pareil. Laissons parler les chiffres quelques secondes.

Les leviers d’une telle mutation passent par la facilité d’accès aux informations sur le Marché de l’Art, la dématérialisation des ventes – le tout sur Internet avec 98% des acteurs connectés- la financiarisation du marché, l’accroissement des consommateurs d’art (de 500 000 à l’après-guerre à 90 millions en 2017), leur rajeunissement, l’extension du marché à toute la Grande Asie, à la zone Pacifique, à l’ Inde, à l’Afrique du Sud, au Moyen-Orient et à l’Amérique du Sud.

Cette mutation passe aussi par l’industrie muséale qui est devenue une réalité économique mondiale au XXIème siècle. En effet, il s’est construit plus de Musées entre 2000 et 2014 que durant tous les XIXème et XXème siècles, soit 700 nouveaux musées par an. Cette industrie dévoreuse de pièces muséales est l’un des facteurs primordiaux de la croissance spectaculaire du Marché de l’Art. Le Marché de l’Art est désormais mature et liquide.

Le Marché de l’Art est devenu un marché efficient, historique, mondial et dont la capacité à résister aux crises économiques et géopolitiques n’est plus à démontrer. Il surperforme depuis 18 ans les principaux marchés de placement de manière incontestable.

thierry Ehrmann

thierry Ehrmann

 

Vous avez fondé votre musée, au cœur-même d’Artprice qui analyse le marché de l’art. Que s’apportent-ils mutuellement ?

Aujourd’hui, Le Musée d’Art Contemporain L’Organe qui gère la Demeure du Chaos / Abode of Chaos compte 5 400 de mes œuvres, principalement des sculptures monumentales de plusieurs dizaines, voire centaines de tonnes, dont les thèmes abordent notre siècle tragique et somptueux.

Mes 5 400 œuvres baignent dans une totale alchimie avec Artprice et le Groupe Serveur, pionnier de l’Internet et des banques de données depuis 1987. Il est évident qu’Artprice, en tant que Leader mondial de l’information sur le Marché de l’Art ne pouvait rêver mieux que d’avoir comme siège social le célèbre Musée d’Art Contemporain L’Organe, gérant la Demeure du Chaos. Il faut préciser que ce musée est classé en région Rhône-Alpes, de manière incontestable, comme premier musée d’art contemporain privé, avec 120 000 visiteurs par an, dont 25 % hors France.

 

Quel est votre rapport à la franc-maçonnerie ?

J’ai eu l’opportunité d’y rentrer très jeune – à l’âge de 23 ans – et de devenir membre de la Grande Loge Nationale de France. Cette loge déiste me semblait intéressante car porteuse d’une philosophie assez ouverte. On nous appelait les « Anglais » car nous dépendions de la Grande Loge de Londres ou encore les « Romains.

J’ai été l’un des premiers à aborder le thème dans un Envoyé spécial sur France 2 qui m‘était consacré. J’ai 32 ans de loge et je dois dire qu’avec le recul, pour avoir visité de multiples courants ésotériques à travers le monde, je dois admettre que la franc-maçonnerie est le modèle philosophique le plus stable, le plus humain, et qui, contrairement à ce que l’on croit, peut par son concours amener aux grandes questions éthiques de ce siècle.

Lorsqu’on possède un mandat public, nous devons pratiquer la méthode anglo-saxonne de déclarer notre appartenance afin d’éviter les fantasmes des fraternels dévoyés et nous permettre au contraire de nos ouvrir à des réceptions d’air plein d’humanisme et de talents.

Mon père, polytechnicien et Docteur en Droit, comme moi-même et mes deux fils avons une maladie neurodégénératives très importante et ma démarche depuis 32 ans par le temple et les voyages initiatiques me permettent d’assumer ces terribles douleurs et de rester les yeux ouverts vers le ciel toujours curieux et émerveillés de ce nouveau monde.

 

Qu’entendez-vous par visite initiatique ?

J’ai suivi par plaisir un cursus universitaire de théologie qui m’a permis d’étudier différentes religions et notamment la religion juive. J’ai pu échanger avec le Rav Pinto, tout en étant goy et catholique. Un de mes meilleurs amis, décédé depuis, était un grand psychiatre juif. Cet homme brillant a sombré dans la folie et est devenu écrivain et ermite en Israël.

Son parcours était captivant car il avait étudié la Torah, le Talmud et le Zohar, que l’on retrouve dans les loges maçonniques haut gradées. Je m’imagine à la place de l’autre et ce qu’est l’autre. C’est une de mes méthodes de gouvernance dans la mesure où je ne donne jamais un seul ordre. Je pense que donner un ordre affaiblit considérablement, l’ordre étant une perte de sens.

En Asie, l’ordre n’existe pas, le regard suffit à imprimer ou à donner le sens même dans lequel il faut aller. J’ai toujours eu des passerelles absolument transparentes entre ma vie privée et ma vie professionnelle. J’admire ou je suis dubitatif en fonction des jours des gens qui cloisonnent ces deux univers. Lorsque l’on est passionné, il est difficile, voire impossible, de conserver cette étanchéité.

J’ai toujours cultivé une totale transparence avec mes fils qui ont désormais plus de 30 ans en provoquant très rapidement le meurtre du père. Le père est aussi quelqu’un qui a ses fragilités, ses névroses… Mes enfants ne sont pas la continuité de moi, ils ont un parcours authentique, singulier, et il n’existe aucune projection.

 

Quel regard portez-vous sur l’Europe ?

Je lisais dernièrement les écrits de Nicolas Baverez sur la décadence de L’Occident et le projet européen. Dans les années 80, j’avais une cinquantaine de sociétés dont chacune portait le préfixe « Europ » (Europe Numéris, Europe Juris, etc). J’ai beaucoup cru au projet européen de Jean Monet mais je considère aujourd’hui que c’est la plus grande catastrophe industrielle, politique et économique.

Nous avons fait l’Europe en dépit du bon sens et nous avons gâché quelque chose d’historique qui avait dix millions d’existence. Le traité de Lisbonne signé en 2007 est pitoyable, c’est un traité que l’on signe en fin de nuit lorsque les parties sont usées et souhaitent en finir. J’ai découvert, si l’on compte les grandes régions, que c’est en réalité 108 parties qui doivent s’accorder lorsqu’il y a une adoption à prendre.

Il est déjà extrêmement difficile d’obtenir l’accord de tous les sociétaires ou tous les mandataires au sein d’une holding, alors imaginez ce qu’il en est pour la grande maison Europe. Le système était voué à l’échec.

 

Comment auriez-vous imaginé l’Europe ?

J’aurais imaginé une Europe médiévale organisée en régions afin de favoriser une transversalité. Il aurait fallu mettre un terme en France à ce jacobinisme colbertiste ou ce jacobinisme high-tech qui consiste à tout concentrer. La concentration constitue pour moi une énorme erreur. L’Europe aurait pu nous aider à réaliser l’Europe des régions, porteuse de sens et productive. Rappelons à titre d’exemple que la région Rhône-Alpes est plus grande que la Suisse et représente environ 11,6 % du PIB français. Nous avons des capacités importantes mais il existe une perte d’énergie énorme.

J’imagine une Europe généreuse. L’Europe avait une très belle histoire mais elle s’est vidée de son sens, elle n’est pas atlantiste, on ne peut pas même parler d’une Europe de l’OTAN. Cette Europe a tout perdu jusqu’à la vision de ses fondateurs qui la projetaient de l’Atlantique à l’Oural avec une ouverture vers l’Ukraine. Il était question d’une Europe ouverte s’étendant naturellement jusqu’à Moscou. Les Russes sont furieusement occidentaux. Concernant la Turquie, bien qu’éprouvant un profond respect pour l’Empire ottoman et la Sublime Porte, nous devons convenir qu’aujourd’hui, la Turquie est tout sauf laïque.

L’idée, à travers l’Europe, aurait été de simplifier le tout en imaginant un marché unique dans lequel on essaye de parler la même langue et le même droit des contrats. Le droit accompagne la culture, il est la pacification de la guerre. On dit communément que lorsque les armes se taisent, le droit parle. Lorsque les hommes contractent, c’est que la guerre a cessé et qu’ils échangent. Le droit a donc une valeur capitale mais au lieu de faire un droit européen, on s’est arrangé pour produire des directives internes qui devenaient un quatrième degré de juridiction propre à notre pays.

Après avoir rédigé de multiples rapports, commission sénatoriale etc, j’ai décidé de cesser toute navette parlementaire ou sénatoriale. J’ai vu des choses hallucinantes qui visaient à renforcer notre protectionnisme et à attiser le sentiment anti-européen. L’idée était de faire en sorte d’embêter les autres par tous les moyens. La réforme des ventes publiques est un exemple parlant, elle a fait l’objet d’une première réforme en 2011 avant d’être de nouveau amendée, nous en sommes à présent à la modification de la réforme exposant trois.

Face à l’absence d’effort des différents acteurs, l’Europe est devenue ce monstre administratif dans lequel on ne connaît pratiquement aucun commissaire. Le Tafta compte entre 800 et 900 négociateurs, alors que l’Europe n’en dispose que d’une quarantaine. La puissance de feu joue énormément. C’est dommage car nous avions un très beau projet mais il est grand temps d’arrêter les frais.

 

Quelle révolution majeure sommes-nous en train de vivre ?

Nous sommes désormais passés à une phase de mondialisation que les gens n’ont pas vu venir et anticipée. Nous sommes dans un changement de paradigme qui se produit environ tous les 3 ou 4 siècles, nous assistons à une véritable compression de l’espace-temps. J’ai eu la chance d’avoir Paul Virilio comme intervenant, ce dernier a beaucoup travaillé sur la notion d’accident et d’espace-temps. Une civilisation était considérée comme supérieure à une autre lorsqu’elle allait plus vite.

Rome a eu la suprématie sur Athènes car ils annonçaient le début ou la fin d’une guerre grâce à un cavalier alors que l’autre était encore à pied. Nous sommes arrivés à une optimisation absolue de la notion d’espace-temps et à une telle célérité qu’aujourd’hui, la notion même de logistique ne vaut plus rien : un container transporté entre Shanghai et le Havre coûte 400 dollars.

La mondialisation est une réalité et Internet l’a confirmé. Le législateur, nos élus et tous les États nations n’avaient pas réellement réfléchi au problème de la mondialisation.

 

 

Comment construire une histoire dans une société de l’immédiateté ?

Twitter a introduit la génération 280 caractères. Robert de Vogüé, grand financier entre autres anciennement chez JPMorgan et KBC Bank me confiait que désormais, les gens ne lisent plus que le titre dans les communications financières. Il existe une certaine facilité et lâcheté que de résumer et réduire à un titre un flux d’information constant et régulier même s’il est évident que les gens ne peuvent pas tout absorber. Trop d’information tue l’information et désormais la notion de courage et de prise de risque n’existent plus. Certains paysans ont plus de bon sens que des polytechniciens ou des énarques et sont parfois capables d’articuler un raisonnement solide et bien étayé que des gens très diplômés ne sont pas capables de conduire.

 

Quelles sont les spécificités de la Chine ?

Nous étions associés avec l’état chinois que beaucoup taxent de « démocrature ». Cela fait 30 ans que nous travaillons avec la Chine et j’ai réfléchi significativement au sujet. Bon nombre de personnes ont des idées reçues sur la Chine mais elle est cependant la première puissance mondiale et il ne faut pas oublier que la Chine a 7 000 ans d’ancienneté durant lesquels ils ont eu cette position au coude-à-coude avec l’Inde.

Gandhi a commis l’énorme erreur de créer une sorte d’autonomie propre à l’Inde. Aujourd’hui, l’Inde accuse un retard de 30 ans dans la mondialisation et est complètement en marge. Si l’Inde est prétendument la plus grande démocratie, il n’en demeure pas moins que les castes persistent, que la corruption perdure et que c’est un pays à des années-lumière de la modernité.

Le coup de génie des Chinois consiste à avoir fait de l’Inde l’atelier du monde. Grand nombre de mes amis insistent sur le fait que lorsque Chine arrivera à 700-800 dollars de salaire moyen pour les cadres – ce qui est désormais le cas – elle-même mettrait un genou et rentrerait dans une logique occidentale.

La Chine, dont le pragmatisme est sans égal, a trouvé l’Inde comme atelier du monde, la Chine devenant non plus l’usine du monde mais les ateliers de recherche et développement du monde. Ils se sont ainsi assurés une certitude pendant pratiquement 20 ans et ont pris le contrôle de la zone grande Asie : de Singapour à la Corée, au Vietnam, à la Birmanie… La Chine s’inscrit dans une logique de suprématie absolue.

Par nature, celui qui envahit – le barbare – amène également une forme de culture même si cela se fait dans le sang et la violence. La culture des barbares a toujours amené du sang nouveau et a permis au fil des siècles de régénérer et modifier les royaumes et les comtés. Le cas de la Chine est assez extraordinaire et unique au monde.

La Chine a toujours sinoïsé l’ennemi et fait en sorte, quelques soient les invasions, que les barbares deviennent de culture chinoise. La Chine n’a jamais envahi quiconque à l’exception du Vietnam mais pour des raisons plus complexes et ils n’ont jamais eu de flottes de guerre. Leur vraie force aujourd’hui est d’être toujours dans cette même logique. Ils ont une compréhension occidentale de la mondialisation, de l’économie et de l’OMC mais ils ont la capacité d’être un tout.

J’ai rencontré des opposants au régime mais ils faisaient cependant tout pour la mère patrie. On ne se rend pas compte de la force extraordinaire de la diaspora chinoise, ils arrivent à se projeter jusqu’à la quatrième ou la cinquième génération alors que nous ne dépassons pas les deux générations. Nicolas Baverez indiquait que les démocratures ont la chance ne pas céder à la facilité de la démocratie qui consiste à aller chercher des voix juste avant les élections et de légiférer et réglementer à tour de bras pour satisfaire l’opinion du dernier fait divers.

 

Comment expliquez-vous la déconstruction de notre démocratie ?

Juriste de père en fils depuis des générations, je suis atterré par cette profonde déconstruction alors que le droit français était reconnu comme l’un des meilleurs droits au monde. Nous sommes en implosion totale, de nouveaux textes viennent massacrer les anciens et les codes de procédures pénales et civiles s’entrechoquent. Nous avons sabordé trois siècles de construction intellectuelle du droit. Le droit est à la fois littéraire et mathématiques, il est l’épreuve du temps.

 

Comment imaginez-vous l’avenir ?

Désormais, l’infiniment subsidiaire est devenu le principal et l’élément focalisant est devenu l’infiniment subsidiaire. C’est toute l’histoire de la presse d’aujourd’hui. Nous avons mis un terme à l’état d’urgence, dont acte. Nous avons fait un certain nombre de codes de procédures et de droit pénal de sorte qu’aujourd’hui, nous nous situons au-delà de la plupart des dictatures en matière de droit.

Nous évoluons dans une société où les juges ont perdu tout contrôle, même le procureur, qui est censé être le chef de la police, est écarté de nombreuses procédures. Le célèbre écrivain Jean Rostand déclarait être optimiste quant à l’avenir du pessimisme. Je trouve cela dommage car nous avons tout pour être heureux : jamais la science n’a été aussi loin, jamais nous n’avons franchi de telles limites en termes de recherches et de découvertes et nous avons du bonheur à amener à l’humanité.

L’homme dispose d’outils et il est presque sur la marche du temple divin : nous savons lire les lignes de l’ADN, l’intelligence artificielle est en pleine essor et nous avons une maîtrise et une réponse à beaucoup de nos questions existentielles alors que nous sommes dans un contexte catastrophique.

 

Qu’est-il en train de se jouer sur le plan « historique » ?

Nous nous inscrivons dans un contexte de mondialisation mais pour autant, nous refusons de comprendre les articulations de l’histoire et de dénouer leur complexité en privilégiant une lecture simpliste et définitivement manichéenne.

A mon sens, les attentats du 11 septembre incarnent un nouveau point de départ l’ouverture du 21ème siècle. Les ruines du 11 septembre ne s’adressent pas uniquement aux Américains mais également Européens. Francis Fukuyama avait déclaré avant de se rétracter que la chute du mur de Berlin consacrait la « fin de l’histoire », et que la démocratie devenait perpétuelle. Cette théorie tuait l’idée même d’histoire dans ce qu’elle a de violent et d’impromptu. L’histoire est par nature soudaine et non prévisible. Le 11 septembre fut un événement soudain et non prévisible qui nous a ramenés à la réalité selon laquelle l’histoire peut exploser à tout moment. Le 11 septembre marque la défaite de l’Occident et de notre suprématie. L’Occident s’est quasiment tout arrogé au cours du XXème siècle, la démocratie, le bon goût, l’art… Si l’on considère l’Histoire, qu’est-ce qu’un siècle sur 6000 ou 7000 ans d’humanité ?

 

Quelle est la gravité de la situation dans laquelle se trouve la France ?

Si l’Europe est malade au sens des grands continents, je pense que la France est l’un des pays les plus malades d’Europe. Le pays est dans une déconstruction beaucoup plus grave que l’on ne l’imagine et on se refuse à voir les réalités en face.

Aujourd’hui, l’ascenseur républicain est cassé mais surtout science et progrès ne riment plus avec bonheur, peut-être pour la première fois dans l’humanité. Le progrès était toujours synonyme de source de bonheur alors que désormais, ce n’est plus le cas, il devient source de flicage, et plus personne ne pose des barrières.

Je connais très intimement la culture cyberpunk et la culture de la science-fiction que l’on a ensuite désigné par films d’anticipation. J’ai une cinémathèque d’environ 50 à 60 000 films : des courts métrages, des films d’essai, des tentatives cinématographiques avortées, j’ai même récupéré des films qui ne sont jamais sortis.

Depuis pratiquement 10 ans, plus aucun film de science-fiction ne sort car tout a été pensé et que désormais la réalité a dépassé la fiction. La notion de déplacement dans l’espace-temps est la seule chose qui appartient encore au domaine de la science-fiction, il est étudié mais pour l’heure, il n’a encore été réalisé qu’à travers des électrons.

En dehors de cela, tout a déjà été traité. Mon père disait que Jules Verne avait été le premier auteur de science-fiction. Je pars du principe que tout ce que l’on écrit en projection et en scénario appartient déjà au domaine de l’acquis. Da Vinci désignait l’art comme « une chose mentale » (cosa mentale). Il m’arrive souvent de me faire violence dans mes œuvres, je vois le volume, je le modélise et ensuite il faut incarner ce volume parce qu’on est humain. On ne peut penser que ce qui existe.

 

L’intelligence artificielle est-elle un danger ?

L’intelligence artificielle existe en réalité depuis 30 ans, les établissements bancaires utilisaient déjà des algorithmes, sans parler du THF… Les outils d’aide à la décision, le datamining et la business intelligence existent depuis longtemps.

Arrêtons de galvauder et de diaboliser l’intelligence artificielle, nous avons presque le sentiment que nous accouchons d’une nouvelle religion alors qu’elle existe depuis fort longtemps.

 

En quoi et comment votre groupe a-t-il toujours été avant-gardiste ?

Nous avons beaucoup d’ingénieurs et de chercheurs étrangers au sein de notre groupe qui cherchent à partir. Je les aide à repartir dans leur pays d’origine, ou là où ils souhaitent s’expatrier. À l’époque, je prenais des participations, non pas à des fins capitalistiques, mais pour les soutenir en leur apportant la mise de départ. Nous avons ainsi pu disposer de correspondants dans le monde entier, que cela soit dans les pays de l’Est, en Israël ou au Canada.

Nous étions sur Internet dès 1985. Nous avons toujours eu 10 ans d’avance dans le groupe avec le souci permanent de maintenir cette avance en ayant une double lecture dichotomique. Nous nous interrogeons d’un côté sur ce qui va se passer dans 5 ou 10 ans et de façon concomitante sur ce qui peut permettre de réaliser concrètement des fonds propres ou du résultat net afin de ressourcer ce qui est dévoreur de fonds propres.

La R&D requiert par nature des fonds de roulement positifs. Internet a introduit la mondialisation et tout peut se dématérialiser. Si on se réfère au théorème de Pythagore selon lequel tout est nombre à l’exception de l’âme et de l’émotion, on peut donc dématérialiser pratiquement 99 % de notre civilisation. Il est évident que tout va migrer vers la révolution numérique dont Internet est le principal support mais pour autant, on tend vers le « glocal » combinant simultanément le local et le global.

Nous avons beaucoup de marchés locaux et nous étudions sur Internet tout ce qui concerne les marchés mondiaux depuis la nuit des temps, y compris le marché de l’art qui ne peut fonctionner que de manière mondiale comme les marchés financiers ou les matières premières. Nous avons toujours une approche historique, théorique, scientifique et aussi très pragmatique dans la création de société ex nihilo.

 

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LE PROJET « DEMEURE DU CHAOS » DE L’ARTISTE FRANÇAIS THIERRY EHRMANN FONDÉ SUR LES BOULEVERSEMENTS DU 21ÈME SIÈCLE – TRADUCTION DU REPORTAGE ATLAS OBSCURA

La traduction intégrale du reportage d’Atlas Obscura est assurée par Richard Summer. Le texte français est à lire sous la présentation d’Atlas Obscura.
Le texte original en anglais figure sous le texte en français avec lien du reportage d’Atlas Obscura.

La traduction intégrale du reportage d’Atlas Obscura est assurée par Richard Summer. Le texte français est à lire sous la présentation d’Atlas Obscura. Le texte original en anglais figure sous le texte français avec le lien du reportage Atlas Obscura Ce reportage très intime et novateur sur La Demeure du Chaos – The Abode of Chaos dixit the New York Times (1999 / 9 novembre 2017) est édité par le célèbre site Atlas Obscura, un blog mondialement connu sur les merveilles cachées du monde avec ses 18 millions de lecteurs. Soyez prudent, la lecture d’Atlas Obscura peut devenir addictive !

Installez vous confortablement dans votre fauteuil préféré avec Atlas Obscura entre les mains, vous venez d’embarquer pour un voyage extraordinaire grâce à ce guide unique de l’étrange, des mystères et des merveilles : celles qui sont juste à côté de chez vous, celles qui sont à l’autre bout du monde. Au fil des continents, vous découvrirez : la porte de l’enfer du Turkménistan, les secrets des catacombes de Paris, les écorchés de Fragonard, les tunnels abandonnés de la petite ceinture de Paris, les cercueils suspendus sur une falaise aux Philippines, un hôtel monumental et défiant le ciel en Corée du Nord, la crypte des capucins de Rome décorée d’ossements humains, le premier télégraphe optique à Saverne, le pont suspendu le plus vertigineux du monde, l’île des chats au Japon, la ville fantôme de Tchernobyl… Atlas Obscura révèle les lieux les plus étranges et curieux du monde. Laissez votre curiosité devenir votre boussole. Soyez curieux sans modération, tournez les pages, découvrez, relisez, re-découvrez. La vie est courte. Notre planète est remplie de merveilles et curiosités… Ce livre ou notre site internet sera votre guide ! C’est un livre de « culture internet » à dévorer. Il est presque impossible de ne pas tourner la page suivante, et la suivante, et la suivante… Atlas Obscura

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Le projet « Demeure de Chaos » d’un artiste français est fondé sur les bouleversements du 21ème siècle

Thierry Ehrmann utilise des crânes géants, des voitures calcinées et des amas de ferraille pour représenter le désordre mondial.

BY HUDSON LINDENBERGER

NOVEMBER 9, 2017 ATLAS OBSCURA

La traduction intégrale est réalisée par Richard Summer

La Demeure du Chaos – The Abode of Chaos dixit The New York Times. ALL PHOTOS Flickr Creative Commons thierry Ehrmann

La Demeure du Chaos – The Abode of Chaos dixit The New York Times. ALL PHOTOS Flickr Creative Commons thierry Ehrmann

Le paysage bucolique derrière le petit hameau de Saint Romain au Mont d’Or semble l’endroit le moins probable où trouver une des expositions d’art les plus provocantes de France. Niché dans les collines autour de Lyon et entouré de résidences centenaires construites avec les pierres dorées local, le cadre semble plus adapté à un paysage de Claude Monet qu’à un regard troublant sur la condition politique du monde contemporain.

Ainsi, à l’arrivée, lorsqu’on découvre le mur extérieur de La Demeure – noirci, délabré, recouvert de visages peints, de manifestes et de slogans – la surprise est garantie. Et… il faut bien le dire… c’est toute à fait voulu. Selon, Thierry Ehrmann, l’homme derrière La Demeure du Chaos (The Abode of Chaos), « le but de mon travail artistique est d’inciter à la réflexion, aux choix que nous faisons et à notre avenir collectif ».

Il y a une trentaine d’années, lorsque M. Ehrmann a acquis son énorme domaine du dix-septième siècle, ses nouveaux voisins n’avaient aucune raison à se douter de sa motivation, car, en tant que fondateur et PDG de plusieurs sociétés de l’internet (y compris Groupe Serveur et Artprice) thierry Ehrmann était déjà l’un des entrepreneurs majeurs, très connu en France. Cependant, une fois installé il a commencé à laisser à nouveau libre cours à sa passion pour l’art.

La Demeure du Chaos se trouve à Saint Romain au Mont D’Or, près de Lyon, France. Ground Zero Sculpture monumentale. Flickr Creative Commons thierry Ehrmann

La Demeure du Chaos se trouve à Saint Romain au Mont D’Or, près de Lyon, France. Ground Zero Sculpture monumentale. Flickr Creative Commons thierry Ehrmann

Son premier projet pourtant était la création d’une espace vitale pour lui et sa famille, en transformant radicalement les bâtisses. Il a littéralement éventré les bâtisses en dégageant les vieilles cloisons et retirant les façades instables. Les outils mécaniques et industriels résonnaient jusqu’à tard la nuit. Il se passait quelque chose, mais le tout était caché derrière les anciens murs de sa nouvelle résidence.

Lorsque des terroristes ont détruit les gratte-ciels du World Trade Center à New York, Ehrmann était conscient de vivre un événement sismique, et il sentait le besoin de s’exprimer là-dessus: « le onze-septembre représente le vrai début du vingt-et-unième siècle et tout ce qui suit n’est que Chaos » dit-il. « Mon art met en évidence l’Alchimie qui est omniprésente autour de nous et à tout moment. »

Avec cette nouvelle motivation, son art a changé de cap et il a décidé d’exploiter le terrain autour de son domaine pour créer des œuvres qui soulignent les conséquences catastrophiques du 11 septembre sur la planète, avec des décisions de plus en plus motivées par la guerre, la colère, la haine et l’avarice. Il s’est lancé de plein cœur dans ce projet et a parsemé son terrain de ses sculptures reflétant le monde tel qu’il le perçoit… et il n’est pas arrêté depuis. Chaque événement important dans le monde déclenche une réponse artistique d’Ehrmann et son équipe d’artistes collaborateurs.

La Demeure de Chaos abrite 5,500 œuvres d’art différentes. Flickr Creative Commons thierry Ehrmann

La Demeure de Chaos abrite 5,500 œuvres d’art différentes. Flickr Creative Commons thierry Ehrmann

Avec plus de 5,500 œuvres d’art différentes, on peut se sentir très vite submergé lors d’une visite à La Demeure du Chaos. Dès qu’on arrive, c’est un monde quasi post-apocalyptique qui nous accueille. Devant chaque mur, on ressent les regards perçants des visages célèbres et /ou malfamés peints sur toutes les surfaces. Chaque recoin du site semble abriter l’image d’un crâne. Les murs avec leurs peaux mutilées nous font penser à une zone de guerre, avec des énormes excroissances de poutres et tiges métalliques à des angles menaçants, qui semblent vouloir s’effondrer à tout moment.

Surplombant la maison principale, M. Ehrmann a construit une énorme plate-forme pétrolière pour nos rappeler les terribles dommages environnementaux provoqués par la marée noire du « Deepwater Horizon » en 2010. En dessous, on retrouve les visages de George W. Bush et d’Ossama Ben Laden surveillant la cour, tandis que Donald Trump, Fidel Castro et un singe souriant nous fixent avec leurs yeux.

La Demeure d’origine date du XVIIe siècle. Flickr Creative Commons thierry Ehrmann


La Demeure d’origine date du XVIIe siècle. Flickr Creative Commons thierry Ehrmann

A côté des derricks, on retrouve un hélicoptère écrasé et des fourgons militaires calcinés. Ces éléments font partie d’une œuvre visant les effets destructeurs sur la planète des guerres de contrôle pour les ressources d’hydrocarbures. Sur les vingt dernières années, M. Ehrmann a travaillé avec des artistes collaborateurs de plusieurs pays qui ont souvent ramené des objets qui s’intègrent parfaitement au paysage voulu par leur hôte. Ainsi, à des endroits divers à travers le site on trouve des containers maritimes, un fuselage d’avion, des véhicules calcinés, un grand bateau… et suffisamment de ferraille pour construire un édifice.

Car thierry Ehrmann a une véritable passion pour l’acier brut. En été on aperçoit ses sculptures métalliques rouillées à travers le feuillage, souvent arborant des symboles divers, des silhouettes et des signes fondus dans leurs surfaces.

Le site muséal possède aujourd’hui neuf crânes monumentaux, chacun orné de symboles et d’œuvres d’art divers. Comme voulu par M. Ehrmann, leur effet est tout à fait dégrisant : “Nous sommes tous dans un état de décomposition, avançant vers la mort inéluctablement depuis la naissance… c’est mon choix personnel de ne pas l’oublier.”

L’acier est l’une de matières préférées de thierry Ehrmann. Flickr Creative Commons thierry Ehrmann


L’acier est l’une de matières préférées de thierry Ehrmann. Flickr Creative Commons thierry Ehrmann

Une kyrielle de Maires du Saint-Romain au Monts d’Or a traité La Demeure Du Chaos d’horreur, d’abomination et de beaucoup d’autres adjectifs assassins. Ils ont exigé la remise en l’état d’origine des bâtiments et demandent que toutes les œuvres d’art soient cachées. Sur les dix-huit dernières années, les autorités locales ont redessiné les trajets de bus pour éviter La Demeure, rejeté toute demande pour des places de parking supplémentaires et distribué de nombreux flyers dénonçant La Demeure du Chaos. Cependant, malgré leurs attaques, le musée (le Musée l’Organe d’Art Contemporain abrite La Demeure du Chaos) qui est l’une des attractions les plus visitées de la région lyonnaise, attirant plus de 120,000 visiteurs par an. Elle est ouverte de 14 à 17 heures les samedis et dimanches, et l’entrée est libre et gratuite.

Le combat de M. Ehrmann avec les Maires du village ne s’est pas limité à une querelle locale. Depuis sa décision de partager sa vision artistique, les Maires du village lui font preuve d’un acharnement juridique permanent. Mais, disposant d’amples ressources financières M. Ehrmann n’a jamais cédé à la pression, et son combat est en train de modifier le statut de la liberté artistique en France et en Europe.

Le site du Musée d’Art Contemporain La Demeure du Chaos /Abode of Chaos abrite neuf crânes monumentaux. Flick Creative Commons thierry Ehrmann

Le site du Musée d’Art Contemporain La Demeure du Chaos /Abode of Chaos abrite neuf crânes monumentaux. Flick Creative Commons thierry Ehrmann

M. Ehrmann n’a pas hésité à faire appel des décisions de justice initiales à son encontre et le conflit a même fait l’objet de différents pourvois auprès la Cour de Cassation et de requêtes à la CEDH. Le 7 juillet 2016, après 17 ans de litige, Ehrmann a gagné une victoire très importante lorsque le Ministre français de la Culture a soutenu la mise en application d’une loi fondamentale garantissant la liberté d’expression artistique (Article 1er de la Loi n°2016-925 du 7 Juillet 2016 relative à la liberté de création, l’article 1er proclame: la création artistique est libre) , escamotant par ce fait la base de tout argument visant à faire disparaître La Demeure du Chaos. Néanmoins, même avec cette loi en vigueur, il sait que le combat n’est pas terminé. L’actuel Maire, Pierre Curtelin, s’est voué en vain à poursuivre la bataille.

En tout cas, quel que soit l’avenir de La Demeure du Chaos, une chose est sûre : M. Ehrmann et son équipe vont continuer plus que jamais à créer de l’art sur son site. Chaque événement bouleversant ou évolution inquiétante sera immédiatement évaluée par quelqu’un à La Demeure du Chaos pour son potentiel à inspirer une création artistique qui met en avant la folie du monde. Selon thierry Ehrmann “pour améliorer leur destin, les êtres humains doivent tout d’abord se rendre compte de leur mauvaise condition et envisager le pire ; ce n’est qu’à partir de ces constats que nous pouvons commencer à riposter et vouloir changer notre destin.”

Reportage Atlas Obscura: https://www.atlasobscura.com/articles/abode-of-chaos

AFFAIRE COMMUNE DE SAINT ROMAIN AU MONT D’OR CONTRE THIERRY EHRMANN (dossier Demeure du Chaos) ADDENDUM

Communiqué de presse de thierry Ehrmann sculpteur plasticien, auteur de La Demeure du Chaos / Abode of Chaos

AFFAIRE COMMUNE DE SAINT ROMAIN AU MONT D’OR CONTRE THIERRY EHRMANN (dossier Demeure du Chaos)

 

Avec Addendum du 9 juillet 2014 :

http://www.demeureduchaos.org/24juin2014.html

 

 

AFFAIRE COMMUNE DE SAINT ROMAIN AU MONT D’OR CONTRE THIERRY EHRMANN (dossier Demeure du Chaos)

Communiqué de presse de thierry Ehrmann sculpteur plasticien, auteur de La Demeure du Chaos / Abode of Chaos

AFFAIRE COMMUNE DE SAINT ROMAIN AU MONT D’OR CONTRE THIERRY EHRMANN (dossier Demeure du Chaos)

http://www.demeureduchaos.org/24juin2014.html

Intrusion Nocturne au coeur de la Demeure du Chaos

Intrusion nocturne au coeur de La Demeure du Chaos Intrusion inside the Abode of Chaos from La Demeure du Chaos on Vimeo.

 

Intrusion de nuit au cœur de La Demeure du Chaos – The Abode of Chaos

format light spécial smartphones le film de 4 minutes est en ligne en HD. https://vimeo.com/98864057 (merci de partager Tournage en 3 caméras: une thermique / infrarouge, la Mark III et la Go Pro 3+ avec des drones intrusifs et un drone de La Demeure du Chaos en défense, des prises de vues de ouf au cœur des bâtiments intimes, salle machine, salle de cul(te) et autres lieux secrets avec un fight final (Big Up!) grand moment dans l’histoire des drones… réalisation Julien Berrod scenario thierry Ehrmann

thierry Ehrmann : l’exposition Trans-mutation, un parcours à la Demeure du Chaos pour découvrir un ailleurs…

Exposition Transmutation à  la Demeure du Chaos / Abode of Chaos par thierry Ehrmann

Exposition Transmutation à la Demeure du Chaos / Abode of Chaos par thierry Ehrmann

crédit photo Hélène Veilleux

Faite circuler l’info sur vos réseaux !
réserver gratuitement et suivre l’info en live sur Facebook :

http://www.facebook.com/events/117738481730077/?ref=22

http://www.facebook.com/la.demeure.du.chaos.theabodeofchaos999

L’exposition Trans-mutation avec Rodolphe Bessey Commissaire d’exposition à la Demeure du Chaos en plein air sur le parcours Muséeal du Musée l’Organe DDC.

Avec 9 artistes invités qui produisent dans leurs ateliers des œuvres « in situ » cette expo va être un grand moment de bonheur et de beauté, dont on manque dans la période actuelle.

L’exposition, ouverte à tout public, entrée libre et gratuite aux horaires de la Demeure du Chaos du 10 août au 13 octobre 2013 aux horaires habituels (week end 14h30-18h30 et 15 août) de la Demeure du Chaos, merci de partager un max ce post sur vos pages , bien sûr vous aurez en ligne en temps réel toutes les informations complémentaires et le catalogue d’exposition en ligne avec le making off de l’expo , un parcours fait de magie, de poésie, et hallucinant est là pour vous faire rêver après 9 mois de pluie...

L’ exposition, Trans-mutation est à la confluence de plusieurs rencontres, d’une même sensibilité et de thèmes communs. Connexions, interactions entre différents passeurs et après quelques temps, l’exposition a pu se mettre en place dans son insolite gestation.

Nous avons invité neuf artistes singuliers et complémentaires, d’une énergie élémentaire remarquable ; ils viendront s’exprimer au travers de plusieurs perspectives, témoignages d’un futur antérieur, avec leurs modernités et leurs particularités. Passerelle entre des techniques ancestrales et de futurs possibles. Des œuvres alchimiques, réminiscences d’une post-humanité, échos d’un futur proche, anticipation de l’essence, mais aussi reliques de périodes oubliées ou encore artefacts stellaires.
Poème de l’âme, l’art n’est pas une croyance. Il est un acte et une réalité bien ancrée, simple et percutante, loin des affres prétentieux de ceux qui croient en maîtriser les arcanes. J’ai confiance en l’art et sa lumière, je préconise le collectif pour aller plus haut, voire plus loin. « Une poésie palpable, une pensée du tremblement », comme le disait si bien Edouard Glissant. Mystique et magique, l’arche du temps embarque les artistes et leurs œuvres dans le maelström lumineux et aveuglant de la Demeure du Chaos, le Musée l’Organe incarnant un accélérateur à particules, artistique et TRANS-MUTANT. Là où s’invente le collectif qui se définit par les individus qui le composent, thierry Ehrmann parlera d’égrégore.

Rodolphe Bessey Commissaire d’exposition de Trans-mutation

 
La Demeure du Chaos/ Abode of Chaos gérée par le musée l’Organe est née de ma plume avec pour essence première, le thème de l’Alchimie à travers le temps et les civilisations. L’alchimie est donc une voie spirituelle, d’éveil, et de transformation qui obéit aux lois naturelles ainsi qu’à une doctrine particulière, liée à l’Art de la Transmutation :  » L’art Royal qui reflète la divine nature dans ses principes premier  »

Lisons avec attention ce que nous révèle mon vieux Maître Fulcanelli dans le second tome de ses  » Demeures Philosophales » qui fut ma planche initiatique de 1985 : « Ayant obtenu le délectable produit pourpre, on peut passer à la confection de la Poudre dite de Projection, ferment de miraculeuses Transmutations de matières déchues en matériaux de haute dignité ! ». Il était donc naturel qu’une « correspondance » tel que le conçoit Baudelaire, à savoir comme un véritable  » art poétique « , c’est-à-dire la formulation d’un projet esthétique en même temps que son illustration par l’exemple soit confié à Rodolphe Bessey .

L’Égrégore dont me parle Rodolphe est, dans l’ésotérisme, un concept désignant un esprit de groupe, une force produite et influencée par les désirs et émotions de plusieurs individus unis dans un but commun. Cette force vivante fonctionne alors comme une entité autonome. Le terme, apparu dans la tradition hermétiste, a été repris par les surréalistes, qui l’ont chargé d’un fort potentiel subversif. C’est la définition la plus naturelle qui définit l’exposition Trans-mutation au cœur du creuset alchimique de la Demeure du Chaos avec ses 9 Porteurs de Lumière qui nous éclairent par leurs œuvres nées de la Materia Prima .

thierry Ehrmann auteur de la Demeure du Chaos / Abode of Chaos

Les 9 artistes invités par Rodolphe Bessey et thierry Ehrmann à la Demeure du Chaos :

SCARFOS:

Né le 14 décembre 1971 à Lyon.
Il vit et travaille à Lyon.

Affres métalliques, pulsions humaines et divinités minérales.

Scarfos n’hésite pas à descendre au plus profond des abysses afin de nous révéler une nouvelle branche bio-mécanique de l’arbre du vivant, vaste toile totalitaire aux reflets d’acier. Totems d’un nouvel âge sombre, ses sculptures de métal surfent sur des perspectives dystopiques. Des entités cruelles qui nous mettent en garde contre l’imagination dévastatrice de l’être humain, dévoré petit à petit par les mandibules implacables des lois physiques et la révélation d’un sort inévitable.
http://www.flickr.com/photos/scarfos/

MARJOLAINE LARRIVÉ

Née le 17 décembre 1980 à Paris.
Elle vit et travaille à Lyon.

Révélations charnelles, tendresse et sensualité saponaires.

Marjolaine Larrivé cisèle et dévoile les objets du désir. Légèreté de ton, classicisme formel et finesse des sujets traités, ses savonnettes évoquent les corps mouillés, les brumes balnéaires et les peaux lavées de frais. Une collection de médaillons carrés, ovales ou oblongs, série de bas-reliefs dont la matière nous rappelle les matériaux les plus nobles, ivoire ou albâtre. Comme une tentative de toucher le visiteur, en faisant pénétrer l’érotisme avec naturel et douceur dans la sphère visible, quotidienne.
http://secretessavonnettes.ultra-book.com

BULLITT BALLABENI

Né le 11 septembre 1978 à Décines-Charpieu.
Il vit et travaille à Lyon.

Pensée mythique, mystères et matière première.

Bullitt Ballabeni assèche, raffine, manœuvre et transforme. D’un magma matriciel chargé d’informations, il structure et hiérarchise les éléments pour leur offrir une nouvelle place. Les éléments métalliques de ses sculptures ploient et se déchirent pour accueillir animaux et végétaux. Depuis ses premiers pas dans un atelier de ferronnerie d’art jusqu’au tatouage et à l’art urbain, ses oeuvres esquissent la topographie d’une nouvelle arche d’alliance, chaleureuse et dissidente, excentrique et néanmoins rassurante.
http://www.bullittballabeni.com/

RODOLPHE BESSEY

Né le 13 mars 1977 à Lyon.
Il vit et travaille à Lyon.

Étranges artefacts, sceaux magiques et traces de futurs antérieurs.

Rodolphe Bessey nous invite par le biais de son travail de plasticien à traverser des dimensions parallèles, un univers magique qui se défie des normes. Photogrammes ou hologrammes, ses oeuvres oscillent avec sensibilité autour de notions telles que l’empreinte et la réminiscence. Jusqu’à atteindre la frontière de l’art et de la science, comme à l’occasion de ses collaborations avec Thomas Garrigues et le service d’anatomie numérique de l’Université de médecine des Saints-Pères Paris-Descartes.
http://www.flickr.com/rodolphebessey

DAVID DECAMP

Né le 09 octobre 1970 à Bourg-en-Bresse.
Il vit et travaille à Lyon.

Rituels rupestres, traces et grattage de stèles.

David Decamp puise ses peintures et ses sculptures dans le Jura âpre et sauvage de son enfance, un territoire immuable où l’initié distingue encore l’empreinte des bêtes qui ont frotté les pierres, les pas des croyants qui ont creusé des marches d’église ancestrales. Un travail enraciné parmi les ombres, au coeur de la forêt primaire et à l’orée du secret des origines, pour tenir à distance la crudité et la violence de la vie, tout ce qui la menace, la fragilise et protéger ce qui la rend unique et précieuse.
https://www.facebook.com/pages/David-DECAMP-Sculpteur-Plasticien/190904434278810

ROMAIN LARDANCHET

Né le 26 décembre 1977 à Villeurbanne.
Il vit et travaille à Lyon.

Rêves d’enfant, ossatures de métal et conscience électronique.

Romain Lardanchet consacre la majeure partie de ses dessins et de ses sculptures aux créatures artificielles qui ont bercé sa jeunesse. Avec un penchant tout particulier pour les métrages d’animation japonaise des années 80 et les métamorphoses de robots extra-terrestres. Chacune de ses sculptures est ainsi réalisée à partir des pièces d’un produit manufacturé d’usage courant et d’échelle variable, démontées et transformées, pour atteindre sa nouvelle incarnation futuriste et prospective.
http://romainlardanchet.com/

PIERRE CITRON

Né le 30 mai 1971 à Lyon.
Il vit et travaille à Marseille.

Univers intérieur, chaos sensible et sublimation.

Pierre Fontanier, auto-proclamé « Citron », offre son regard cru, désenchanté et mélancolique. De sa plume, il s’efforce de conjurer la mort, le sexe et la cruauté, la déchéance d’une condition humaine. Condamné, le spectateur erre parmi les formes fantastiques de ses dessins et de ses peintures, où l’homme n’est plus tout à fait homme et se confond avec l’animal, le squelette et la machine. Un univers chaotique qui n’en révèle pas moins une maîtrise de la représentation et un puissant désir d’expression.
http://www.pierrecitron.com/

HÉLÈNE LAGNIEU

Née le 12 août 1958 à Nantua.
Elle vit et travaille à Bron.

Créatures hybrides, chimères et expérimentations physiologiques.

Hélène Lagnieu concentre ses peintures et ses sculptures sur les processus d’hybridation, la mise à nu et la décortication d’anatomies humaines et animales. La peinture acrylique et la sculpture sur papier s’entrelacent, souvenirs éviscérés des couteaux de boucherie et des boyaux d’une enfance dans la campagne sauvage de Bugey. Fouiller les chairs, comme pour une plongée dans un purgatoire baroque où la condition féminine se voit disséquée et accouche d’une mythologie personnelle.
http://www.helenelagnieu.fr/

JULIEN SALAUD

Né le 5 mars 1977 à Paris
Il vit et travaille à Orléans.

Chamanisme, animalité et survie des espèces.

Julien Salaud interroge par sa pratique les liens, les forces et la symbolique qui unissent l’homme à la nature. Enluminure, broderie, ornementation ou travail des perles, ses oeuvres composent un bestiaire magique pour nous aider à affronter le retour d’un règne animal, puissant et mystérieux. Autant d’irruptions de la conscience collective qui participent à l’équilibre des représentations de vie et de mort et qui prennent ici des allures fantasmagoriques.
http://julien-salaud.info/
À bientôt thierry

Les voeux de la Demeure du Chaos / Abode of Chaos par thierry Ehrmann

thierry Ehrmann

thierry Ehrmann

Toute l’équipe de la Demeure du Chaos se joint à moi pour vous souhaiter une très bonne année 2013. Les dernières années dans le monde ont été une période sombre de l’histoire humaine. Peut-être que 2013 décrit par les oiseaux de mauvaise augure comme bien pire que 2012 font fausse route et que 2013 sera justement l’année du « Matin des Magiciens » pour chacun et chacune d’entre vous…thierry Ehrmann

voeux de la Demeure du Chaos Abode of Chaos par thierry Ehrmann